Pologne: marcophilie 39-45

Pologne Marcophilie

1- Pendant l’attaque allemande (septembre 39): poste civile et militaire

2- Partie rattachée au Reich: poste civile, de service, militaire

3- Gouvernement General

     3-1 Feldpost

     3-2 Poste allemande de service

     3-3 Poste civile

     3-4 Poste des insurgés de Varsovie

4- Dans la zone occupée par les russes septembre 39 à juin 41, puis à partir de septembre 44

5- Polonais en exil

     5-1 Gouvernement en exil

     5-2 Forces polonaises en exil: France, UK, Russie

6- Prisonniers

     6-1 Prisonniers de guerre : polonais prisonniers, camps sur le territoire de la Pologne de 1939, allemands après la guerre

     6-2 Camps de concentration

7- Censure

8- Croix rouge

9- Undercover mail

 

1/ Pendant l’attaque allemande (septembre 39)

1-1 Poste militaire

Pendant les quelques jours de combat, début septembre 1939, je suppose qu’une poste de campagne polonaise existait. Je n’ai pas de renseignements sur le sujet.

Aux côtés des allemands combattaient quelques troupes du tout nouveau état slovaque. Ses soldats utilisaient les stocks des cartes de la feldpost tchèque, datant d’avant le 15 mars 39. Puis progressivement furent introduit des cartes imprimées en Slovaquie, comportant le logo du nouvel état et le texte « DOPISNICA POCNEJ POSTOVES SLUZBY » (3 modèles légèrement différents existent). Quant aux cachets d’oblitération de la feldpost slovaque, ceux de la feldpost tchèque furent remplacés le 7 septembre par ceux de la feldpost slovaque (C.S.P. POLNI devient S.P. POL). La feldpost slovaque fut dissoute à l’issue de la campagne de Pologne. Enfin, les cachets de censure de la feldpost tchèque furent eux aussi remplacés par des cachets en slovaque

Il est à noter qu’il y avait, sur le territoire polonais, une légion tchèque composés de soldats tchécoslovaques refusant de rester en Bohème, suite à l’occupation de leur pays en mars 39. Ils se rendirent à l’armée rouge et furent internés !

1-2 Poste civile

La poste civile cessa très vite de fonctionner à l’ouest de la Pologne. Cependant, la censure du courrier fut mise en place. 

2/ Partie rattachée au Reich (Wartherland, Dantzig-Prusse occidentale et Haute Silésie)

Ces territoires utilisèrent le système postal du Reich. Par exemple, le nom des villes (donc des cachets postaux) sont progressivement germanisés. Les autorités réutilisèrent (mais pas systématiquement) les noms de localité en vigueur avant 1918. Parfois, de nouveaux noms sont créés. En fait, une grande confusion régna ! Par exemple, la ville du nom polonais de Sierpc fut renommée Schirps en 1939, puis Sichelberg ensuite. Très compliqué de s’y retrouver dans les cachets postaux ! Les nouveaux cachets introduits sont bien sûr de type allemand. Il est à noter que, lors de l’annexion des « territoires orientaux », des cachets spéciaux ont été utilisés (dits de « libération du joug de la Pologne »), et cela dans une douzaine de localités (Rogasen, Znin, Amsee…). Des cachets provisoires sont aussi utilisés.

Dans les territoires ex-polonais intégrés au Reich, la poste allemande de service (qui avait été mise en place lors de l’entrée des troupes allemandes) cessa son activité le 1er mars 40 (les administrations devaient utiliser la poste allemande), mais la mention « Durch Deutsche Dienspost Osten » fut encore noté sur le courrier jusqu’en 1943.

A Lodz (rebaptisé Lodsch puis  Litzmannstadt), la poste (de service et civile) fonctionna dès le début d’octobre 39, avec des cachets polonais, puis des cachets provisoires, avant l’arrivée des cachets allemands. La ville fut à nouveau polonaise après la guerre.

Les « malgré nous »

Certains polonais de cette zone étaient considérés comme « aryanisables » par les allemands. Ils ne furent donc pas expulsés vers le General Gouvernement. Les jeunes hommes furent intégrés dans l’armée allemande. Ci-dessous, exemple d’une lettre expédiée par un soldat polonais (nom, langue de la correspondance), incorporé dans la marine (secteur postal M 26378). La lettre est adressée à Bielitz

 

3/ Le Gouvernement General (GG).

Cette région comprend 4 provinces. Une 5ème  (Galicie, capitale Lvov – Lwow en polonais, Lemberg en Allemand) lui fut rattachée lorsque les allemands occupèrent, en 41, les territoires polonais annexés par la Russie en 1939.

3-1 Feldpost

La Feldpost (poste allemande de compagne) prend en charge le courrier des soldats allemands dès le début de l’attaque. Ensuite, c’est la Poste Allemande de Service de l’Est (Deutsche Dienspost Osten) qui s’en charge, puis la poste allemande à l’Est (poste civile) à partir de mi 40. Les correspondances émanant de soldats allemands dans le GG sont très courantes.

La seule « particularité » philatélique, à ma connaissance, est l’émission de timbres de franchise émis en mars 45 pour les soldats de la base sous marine de Hela, ville polonaise annexée au Reich en 1939. Cette péninsule, située au nord de Dantzig, est coupée du reste de l’Allemagne suite à l’offensive russe (elle ne sera prise que le 14 mai 45). Des timbres sont imprimés en mars 45 pour le transport du  courrier par sous-marin. Mais les correspondances par bateau étant restées possible jusqu’à la fin de la guerre, ces timbres n’eurent pas d’utilisation réelle. Les cachets sont donc de complaisance (même avec feldpost 425 ou 432). Selon le Michel, 150 000 timbres ont été imprimés, et il existe de nombreux faux.

On peut aussi s’intéresser aux villes encerclées, dont l’acheminement du courrier était très difficile : par exemple, Posen (Poznan) entre le 21-01-45et le 23-2-45, et Breslau (Wroclaw), entre le 12-2-45 et le 6-5-45.

En Galicie, le 28 avril 1943, les allemands autorisèrent les galiciens à rejoindre des unités Waffen SS pour combattre les russes (division Galicien) . On estime qu’environ 70 000 jeunes galiciens répondirent à cet appel. Une part importante fut en fait intégrée à la police allemande en Galicie.

3-2/ Poste allemande de Service (Deutsche Dienspost Osten)

Mise en place le 13 septembre 1939 (mais son fonctionnement débuta en novembre 39), elle avait la tâche de s’occuper du courrier administratif et de celui des entreprises allemande, du personnel y travaillant, ainsi que de certains allemands de souche, après autorisation. Les lettres étaient revêtues d’un cachet (ou d’une inscription manuscrite) : Deutsche Dienspost Osten (ou Deustche Dienpost im Generalgouvernement), ainsi que d’une oblitération (cachet polonais mutilé, puis cachet allemand). Le tarif est celui de la poste allemande, et le courrier doit être affranchi de timbres de service. Dans les cachets métalliques normalisés de la poste allemande de service (et contrairement à d’autres régions occupées), le mot « Dienspost » ne figure pas

Il est à noter que, lorsque la Galicie (capitale Lwow en Polonais, Lemberg en allemand) fut rattachée au GG suite à la guerre contre la Russie, en 41, une poste allemande de service dans le district de Galicie fut mise en place dès le 1er aout 41 (la poste civile reprit son fonctionnement le 14 novembre 41).

Cachet de Lemberg, occupé par les russes (Lviv) en 1939, puis rattaché à General Gvt en 1941

Cas particulier de la poste juive de Lodz (Litzmannstadt)

Après l’invasion allemande, cette ville est intégrée au Reich. Suite à un accord entre la poste allemande de service et le doyen du Ghetto, le courrier des juifs (sur lequel un timbre spécial était collé), après avoir été censuré par le doyen, était déposé dans une poste spécifique. 

3-3/ Poste civile

Le 31-10-39, la Direction de la Poste Allemande à l’Est prend en charge la poste civile dans le GG, en remplacement de la poste polonaise (qui disparait donc). Le même bâtiment pouvait abriter les deux postes (de service et allemande de l’Est). Le 1er décembre 39, les polonais ont le droit d’expédier des cartes et lettres non closes. Cette poste est pleinement opérationnelle mi 40. 

Les cachets postaux utilisés furent d’abord des cachets polonais modifiés –ou non (en plus de nombreux cachets provisoires), puis des cachets de type polonais mais avec un texte en allemand (localité, über, centre de tri), puis des cachets de type allemand. A la différence des territoires intégrés au Reich, il y eu très peu de changement de nom. Lors de l’avancée des troupes russes en 44, des cachets provisoires furent utilisés. Mais compte tenu de la situation (poste détruite, difficulté d’approvisionnement en cachets neufs…), les règles ne sont pas toujours respectées et les postiers polonais oblitèrent « avec ce qu’ils ont sous la main ». Les deux postes (de service, et allemande à l’Est), peuvent être amenées à utiliser les cachets de l’une ou de l’autre. En Galicie, des cachets de type soviétique ont pu être utilisés quand cette province a été rattachée au GG suite à la guerre contre la Russie. Quand cette région a été intégrée au GG suite au départ des russes, les allemands ont ajouté le nom de district aux cachets utilisés dans le GG. Dans des petits bureaux, les cachets russes ont parfois continué à être utilisés (après avoir supprimé la faucille et le marteau !).

Il est à noter que la partie la plus à l’Est de la partie annexée par la Russie en 1939 n’a pas été rattachée par les Allemands en juin 1941 au GouvernementGeneral, mais au ReichKomissariat d’Ukraine. Par exemple, la ville de Rowne :

Cracovie était le siège de la poste allemande de service ET de la poste allemande à l’Est. La première lettre connue de la Poste Allemande de Service date du 5-10-39 (Varsovie 23-10-39). On trouve là aussi des cachets de type allemand et de type polonais. Le 20 janvier 1945, la poste cesse son activité à Cracovie.

De plus, les autorités d’occupation ont célébré de nombreux événements liés au Reich (NSDAP, anniversaire d’Hitler) par des cachets spéciaux. Comme dans d’autres régions (Bohême, Norvège…), les allemands apposèrent sur certains courriers (principalement ceux destinés aux polonais, prisonniers ou civils) des cachets avec le V de la victoire (dits cachets « Voktoria »), et le texte (en allemand et/ou polonais) : l’Allemagne gagne sur tous les fronts (Deutschland siegt an allen fronten). En outre, le Dr Schultz répertorie 37 cachets spéciaux dans le General Gouvernement. Quelques exemples ci-dessous :

3-4 Poste des insurgés de Varsovie (Aout-octobre 44)

Pendant la révolte de Varsovie, les scouts ont assurée une poste à l’intérieur de la partie de Varsovie au main des insurgés. Le musée de Varsovie consacré à cette insurrection présente quelques lettres (avec timbres spéciaux, cachets postaux et censure), ainsi que des répliques de cachets en libre service. Les photos ci-dessous proviennent de ce musée :

4/ Le courrier dans la zone occupée par les russes. Source : Kulpinski.net

4-1 Entre 1939 et 1941

Fin septembre 1939, les services postaux fonctionnent à nouveau dans la partie occupée par l’URSS (uniquement le courrier local, puis le courrier vers Moscou en Octobre, puis vers l’étranger début 1940 –date exacte incertaine-). Progressivement, les timbres polonais (et les cachets postaux polonais) sont remplacés par des timbres et cachets russes. Pendant deux mois environ, les timbres polonais étaient encore valides dans la partie rattachée à l’Ukraine (1er octobre pour la partie rattachée à la Biélorussie). En Ukraine, les règles étaient moins rigides qu’en Biélorussie, et on trouve des affranchissements mixe, des timbres russes avec des cachets polonais… Dans la partie cédée aux lituaniens en octobre 1939, les timbres polonais ne sont plus utilisables à partir du 28 octobre 39.

Cachet polonais sur timbre russe (5 juillet 40), ville de Rowne (Ukraine) Rivne en ukrainien

La plupart des enveloppes/entiers que l’on retrouve actuellement sur le marché sont de nature philatélique (CTO), en particulier les affranchissements mixtes, les affranchissements au mauvais tarif, les entiers avec la figurine polonaise marquée « Niewazny » (non valable), et pas recouvert d’un timbre russe

4-2 Période de « libération » (à partir de 1944)

Progressivement, les russes « libèrent » la Pologne. Le service postal est progressivement rétabli à partir de septembre 1944. Des cachets provisoires sont parfois utilisés, avant la mise en place des cachets polonais.

5/ Polonais en exil

5-1 / Gouvernement en exil

En aout 1941, le Foreign Office approuve l’émission de timbres par le gouvernement polonais en exit à Londres. La plupart des plis sont philatéliques. Il existe 35 oblitérations de la poste maritime et 15 agences. Seuls les passagers (et membres de l’équipage), lorsqu’ils sont en haute mer affranchir des lettres avec ces timbres. Les plis sont alors remis à la poste civile ou navale britannique lors d’une escale. A certaines dates, les anglais autorisent la collecte de plis par le section postale du ministère des finances polonais, qui les remettent ouverts, accompagnés du montant de l’affranchissement en numéraire, à des navires polonais (au vaguemestre ou au commissaire au bord).. Des liasses d’enveloppes oblitérées sont ensuite expédiées vers la Suisse, les USA où elles sont généralement revendues à des négociants.

5-2 / Forces polonaises en exil

Afin d’éviter la captivité (en Allemagne ou en URSS), des dizaines de milliers de polonais (militaires et même civils), se réfugièrent en Hongrie (environ 40 000, dans 200 camps), en Roumanie (environ 60 000 dont le gouvernement), vers les pays baltes (environ 20 000). La plupart « s’échappèrent » pour s’installer au moyen orient, en Angleterre, en France. De nombreuses marques postales se rencontrent sur les courriers postés dans ces camps : censure, « belligérant interné », cachet de camps…

5-2-1 En France

Suite à l’invasion de la Pologne, environ 38 000 soldats polonais sont arrivés en France (via la Hongrie généralement). Ils s’ajoutent au 50 000 polonais mobilisés en France. Ils se battront sous leur propre drapeau, mais le commandement sera français. Le 30 septembre 39, le président (en exil) polonais désigne Sikorski comme généralissime des forces polonaises. Quelques jours auparavant (le 12 septembre), le camp breton de Coetquiban avait été remis aux autorités polonaises pour former la 1ère division polonaise. Selon Deloste, il y avait d’autres camps à Angers, à la Roche sur Yon, à Versailles, à Ancenis, à Bollene, à Fontenay le Comte, à Luçon, aux Sables d’Olonne,  à St Nazaire, à St Loup, à Sérignan, à Vichy, à Bressuire, à Partenay, à Loudeac, à Val Andre, à Vichy, à St Meen. Les aviateurs résident dans le camps de Judes. Le quartier général est à l’hôtel Régina, Paris. Un groupe de chasse (bataillon de l’air 145) a aussi été constitué à Bron.

C’est la poste civile française qui achemine le courrier en franchise (théoriquement, les plis recommandés sont affranchis, ce qui n’est pas le cas du pli ci-dessous). Le cachet « poste aux armées » n°219 correspond à la 2ème division polonaise. A la suite des combats de mai-juin 40, les unités polonaises sont dissoutes. De 20 à 35 000 polonais partent au R.U., 16 000 sont fait prisonniers par les allemands, 13 000 sont démobilisés à Auch, 13 000 sont internés en Suisse, où ils restèrent jusqu’à la fin de la guerre.

Il est à noter que 4 000 combattants polonais s’étaient au Liban. Ils n’ont pas combattu en France.

5-2-2 Polonais au R.U.

Ont été répertoriés les numéros de FPO (field post office) suivants. Il peut s’agir de polonais ayant combattu en France avant de rejoindre le R.U., ou bien ayant quitté la Russie (Armée Anders).  

101 (utilisé du 20 aout 41 à 1948), au moyen orient

102 (utilisé du 30 avril 42 à 1947), au Caire

103 (utilisé du 9 avril 44 à 1947), au Caire

104 (utilisé du 17 février 44 à 1947), en Italie

106 (utilisé entre 43 et 46) au moyen orient puis en Italie

109 (utilisé en 1945), en Égypte puis en Italie

111 (utilisé du 13 juillet 40 à 1946), au Moyen orient puis en Italie

En Italie, les polonais disposaient de leur propre poste militaire (une trentaine de bureaux fin 45)

 

5-2-3  Armée Anders (II corps de l’Armée polonaise)

Suite à l’invasion de l’URSS, la Pologne n’est plus un ennemi ( !). Suite à un accord entre l’URSS et le gouvernement polonais en exil à Londres (le 30 juillet 41), des polonais libérés des camps russes rejoignent le IIème corps polonais, qui vient d’être créé (son dirigeant est le général de brigade Wladyslaw Anders). Dès sa constitution en Russie, l’armée polonaise fut dotée d’un service postal organisé, constitué par la « poste militaire principale des Forces armées polonaises en URSS » (6 bureaux). Entre mars et aout 42, la majorité de ces soldats (et de leur famille) passe en Iran, est intégrée au commandement militaire britannique et utilise les services de la poste militaire des Indes. Puis, à partir du 15 novembre 1942, un service postal spécifique est organisé : tout d’abord la poste principale n° 101, puis des bureaux spécifiques. La poste militaire du IIème corps fonctionnera jusqu’au 15 octobre 46 (il restait 30 bureaux en Italie et 16 au moyen orient. A cette date, la IIème armée avait organisé en Italie 2 camps de réfugiés (libérés des camps allemands). Ils bénéficiaient de la franchise postale de la poste militaire polonaise (et civile italienne).

5-3-3 En Russie

Les polonais n’ayant pas suivi l’armée Anders en Iran intégrèrent l’armée rouge

 

6/ Prisonniers

6-1 Prisonniers de guerre

6-1-1  Prisonniers polonais

400 000 polonais furent fait prisonniers par les allemands. Après avoir pu bénéficier du statut de prisonnier de guerre (selon la convention de Genève) et donc avoir pu correspondre avec leur famille, les polonais soit devinrent « travailleurs civils », soit furent déportés.

De son côté, les russes firent environ 250 000 prisonniers. Mais la Russie n’avait pas signé le Convention de Genève. Beaucoup sont rapidement relâchés ou livrés aux allemands. Des officiers sont enfermés dans 3 camps (dont Kozielsk, Ostachkov et Starobielsk), et peuvent écrire à leur famille entre fin 39 et avril 40. Ensuite, les lettres sont retournées à l’expéditeur. En outre, plusieurs centaines de milliers de polonais sont déportés au Goulag. La BP n° 101, à la grande poste de Moscou, servit pour l’ensemble des correspondances des familles vers les camps.  Les lettres ci dessous sont des photos prises dans le musée Katyn, à Varsovie

En 1941, de nombreux prisonniers polonais sont libérés des camps pour former l’armée Anders. Beaucoup de prisonniers manquaient : ils avaient été exécutés à Katyn, Charkow, Miednoje… en mai 1940. Le quartier général de l’armée Anders était à Buzuluk (au nord du Kazakhstan) puis près de la mer Caspienne. Plus de 110 000 soldats et civils furent évacués en 1942 vers l’Iran (voir ce dessus).

6-1-2 Camps de prisonniers implantés dans le territoire de l’ancienne Pologne.

Les camps de prisonniers allemands implantés dans l’ancienne Pologne (partie intégrée au Reich po General Gouvernement) dépendent du district militaire I, XX ou XXI. Les régions militaires XX et XXI ont été établies en Pologne après sa défaite, à Gdańsk et Poznań, dans des régions qui faisaient autrefois partie de l’Empire allemand. Ces régions furent annexées par l’Allemagne

  • Stalag I F Sudauen en allemand Ville polonaise (Suwalki) intégrée au Reich en 1939
  • Oflag XXI-A, XXI-B et XXI-C Schokken en allemand. Ville polonaise (Skoki) intégrée au Reich en 1939. L’oflag XXI-C était aussi situé à Szubin (Schubin en polonais)
  • Oflag XXI-C/Z Sous-camp de l’Oflag XXI-C, situé à Grune bei Lisa (Gronowko en Polonais)
  • Stalag XX-A et Stalag 312. Thorn Ville polonaise (Torun) intégrée au Reich en 1939
  • Stalag XXI-A Conté de Schildberg (entité  polonaise située au sud est de Poznan –Posen en allemand, intégrée au Reich en 1939)
  • Stalag XXI-B est situé à Szubin (Schubin en polonais)
  • Stalag XXI-C/H est situé à Wollstein en allemandVille polonaise (Wolsztyn) intégrée au Reich en 1939
  • Stalag XXI-D est situé à Posen Ville polonaise (Poznan) intégrée au Reich en 1939
  • Stalag 307 situé à Biala Podlaska, ET à Deblin villes polonaises intégrées au General Gouvernement
  • Stalag 315 situé à Przemysl Ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 319 situé à Chelm Ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 325 situé à Zamosc, et Rawa Ruska, villes polonaises intégrées au General Gouvernement
  • Stalag 327 situé à Jarolaw, ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 328 situé à Lemberg (Lvov en polonais), ville polonaise intégrée au General Gouvernement après deux années d’occupation soviétique
  • Stalag 333 situé à Ostrow Komorowo, ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 359 situé à Poniatowa, ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 366 situé à Siedlce, ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag 369 situé à Cracovie, ville polonaise intégrée au General Gouvernement
  • Stalag Luft S, situé à Sudauen (ville polonaise de Suwalki, intégrée au Reich en 1939)
  • Stalag Luft 2 situé à Litzmannstadt (ville polonaise Lodz, intégrée au Reich en 1939)
  • Marine Dulag Gotenhafen situé à côté de Dantzig (ville polonaise Gdynia, intégrée au Reich en 1939)
  • Ilag 21, situé à Truppenfeld (ville polonaise de Chludowe, intégrée au Reich en 1939)
  • Différents Ilags sont situés dans la ville de Kreuzburg (Kluczborg en polonais) : Ilag (Oflag 6) Ilag (Stalag 344) Ilag VIII/Z

 

6-1-3 Prisonniers allemands en Pologne

A la fin de la guerre, c’est au tour des allemands d’être fait prisonniers (des soldats, mais aussi des allemands de souche). Environ 70 000 soldats allemands ont été remis par les soviétiques au gouvernent polonais afin de participer à la reconstruction du pays. En  1947, des cartes pré-imprimées ont été remises aux prisonniers. Une grande partie de ces prisonniers ont travaillé dans les mines de charbon de Silésie

6-2 Camps de concentration/déportation

De nombreux camps de concentration/déportation ont été implantés, tant dans la partie annexée par le Reich que dans le Gouvernement General. De nombreux ouvrages très détaillés existent sur le sujet.

7/ Censure

On distingue trois périodes

7-1 Pendant l’invasion (septembre 39)

A partir du 30 aout 1939, et pendant environ une semaine, une censure du courrier est mis en place : un petit triangle avec les lettres B.C. (qui signifie « Biuro Cenzury »), et un chiffre (code correspondant à la ville de censure. Par exemple, 44 pour Lodz, 50 pour Cracovie. Mais le courrier est très rare, en raison de l’interruption du trafic ferroviaire.

7-2 Pendant l’occupation allemande

Pendant la période d’occupation allemande, aucun bureau de censure n’est installé sur le territoire de l’ex-Pologne (Gouvernement General ou régions incorporées au Reich). Le courrier intérieur n’est normalement pas censuré (tout comme celui entre le Gouvernement General et le Reich).

Le courrier vers l’international est censuré par une commission qui dépend du pays de destination (par exemple, Cologne pour les lettres de/vers la Belgique, Francfort pour la France occupée, Berlin pour les U.S.A….). Les lettres entre le General Gouvernement et la partie annexée par la Russie étaient parfois censurées, à Königsberg (lettre « a »).

7-3 Libération

La troisième période correspond à la progressive libération de la Pologne. A partir de fin 44, un cachet comprenant un aigle (parfois), un texte sur 2 lignes (Sprawdzono przez / censure wojskowa, qui signifie « vérifié par la censure militaire ») et un numéro (de censeur). Ce cachet est apposé à la fois sur le courrier civil et militaire. Pendant la révolte du ghetto de Varsovie, le courrier circulait grâce aux scouts, et il était censuré soit par les autorités civiles, soit militaires. Les correspondances vers l’Europe de l’Ouest (en particulier les courriers vers la Croix Rouge suisse) transitaient souvent par le moyen-orient ou l’Angleterre, d’où des censures égyptiennes, anglaises…

7-4 Unités en exil

Concernant les unités polonaises en exil, on distingue 3 types de censure :

Armée de Anders (soldats incarcérés en URSS, qui se réfugièrent en Iran avant de rejoindre les anglais au Moyen-Orient). Un cachet triangulaire est apposé sur le courrier, dès la période russe.

Unités ayant intégrés les troupes soviétiques : censure russe

Enfin, les combattants polonais s’étant réfugiés au Royaume-Uni mi 40: ces unités avaient leurs propres cachets postaux, et leurs propre système de censure (mais les anglais censuraient à nouveau les lettres). Il en est de même pour la période de transit sur le territoire français (fin 39, début 40) /

 

8/ Croix Rouge

Selon un article paru dans Timbres Magazine, le bureau de renseignement permettant aux polonais de la zone russe de communiquer avec ceux de la zone allemande (recherche de prisonniers, de déplacés…) ouvre le 4 septembre 1939 à Varsovie.

Le premier courrier de la croix rouge polonaise date du 14 septembre 1940. Seulement 20 878  lettres ont été envoyées à Genève

A partir de Novembre 44, de nombreuses lettres ont été envoyées (généralement en recommandé), principalement de la partie libérée de Varsovie (Praga) vers la croix rouge de Genève. Le parcours emprunté par les lettres est assez compliqué. Le plus souvent, les lettres transitaient par Moscou, Ankara (avec apposition d’un cachet postal), puis Beyrouth (où les lettres étaient censurées à partir de juin 45), puis Le Caire (cachet, censure), puis Gibraltar, parfois Liverpool et enfin Genève. La durée était de 5-6 mois

Parfois, les lettres étaient censurées à Liverpool (en particulier les lettres non recommandées non censurées au Caire)

Une étude du courrier envoyé de Pologne vers la Croix Rouge montre que les lettres censurées à Beyrouth ont été postées dans des zones occupées précédemment par les allemands (et hors de Varsovie).

9/ Undercover mail

De nombreuses adresses ont été utilisées par les polonais désirant communiquer avec d’autres polonais  situés dans les territoires « ennemis » (au Reich).

L’ouvrage publié par Chavril Press en 2006 répertorie

Aux Acores (Beusande Co. Ponta Del Gada). Courrier pour le consulat polonais de New York.

Au Canada. PO Box 106, à Owen Sound : Forces polonaises / Mme Niedzwiedzka, 1410 Stanley street à Québec, servait d’intermédiaire entre le consulat polonais et l’Europe occupée

En France, à Nice (Maurice Orbach) servait d’adresse « relais » pour les polonais

Au Royaume Uni, la PO Box 260 (à Glasgow) était utilisée en 1940 par les forces armées polonaises au R.U… Le PO Box 260 (à Londres) aussi. La PO Box 293 servait  pour la marine marchande.

Le PO Box 77 (à Perth) servait pour les forces armées en exil

Aux Pays-Bas, la PO Box 510 (à Amsterdam) servait pour la marine marchande polonaise

En Rhodésie du Nord, la PO Box 61 (Lusaka) correspondait à un camp d’entrainement polonais

A Jérusalem, plusieurs PO Box (106,260) servaient aussi pour les forces polonaises

Au Portugal, à Caldas da Rianha permettaient une correspondance entre Londres et la Pologne (Hotel Lisbonense et 12 rua do Moinhos do Vento). A Lisbonne, c’est le 41 (et 44) rua Alexandre Herculano, le 105 rua das Amoreiras, le 1 Rua De Boavista, la asa Macau, le 63 rua Castilho, le 46 rua Jose Estevam, le 106 rua de Lapa, le 15 rua dos Lusiadas, le 9 rua du Misericordia, le 24 (et 54)  av. Pedro Alvares Cabral, le 49 (et le 89) rua Rodrigo da Fonseca, le 15 rua Rodriguz Sampaio, le 9 rua de Santana a Lapa, la Casa Costa, le 49 rua Savaiva de Carvalho, le 377 (et 397) rua Silva Carvalho, la PO Box 512 (pour les forces aériennes au RU), apartado 694

En Suède, à Stockholm : 27 Brontingsgatan, le 71Centralgatan, le 30/II Jungfrugatan, Boris Zaleski

En Suisse, à Bale, Kaufmann (Nadelberg 17/16) était utilisé par les juifs polonais, à Bern Hélena Laubitz servait d’intermédiaire entre la Pologne et le RU. Il existait aussi de nombreux autres intermédiaires à Lausanne. A Zurich, Stanislaw Pelc (Mailen Internment camp)

 

 

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