U.R.S.S.: marcophilie pendant la guerre (zone non occupée)

Russie (non occupée par les troupes du Reich)

1 Correspondances philatélique avec l’étranger. (Article de Timbres magazine)

Même pendant la guerre, la diffusion de timbres à l’étranger continue. L’exportation de timbres à l’étranger est interdite. Mais un organisme, le Mezhdunarodnaja Kniga a une dérogation pour vendre des timbres à l’étranger. Les envois sont bien sûr censurés

2 Censure (source : ouvrage de Stich et articles du CCSG)

Avant le début de la « Grande Guerre Patriotique », seuls les courriers suspects étaient censurés. Dès l’invasion allemande, et jusqu’en 1948 (ou 46, selon les auteurs), le courrier intérieur, le courrier des militaires et le courrier vers l’étranger est censuré. Dans les pays occupés par les troupes soviétiques en 44-45 (Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Autriche) la censure russe a été aussi mise en place.

Chaque bureau de poste avait ses censeurs. Dans les grandes villes, des censeurs lisant des langues étrangères (sans limitation) étaient présents.

Le courrier en provenance (à destination) de l’étranger arrivait par ;

  • Archangel (= Arkhangelsk, port sur la mer blanche au NE de Moscou), pour les lettres en provenance de l’Occident, des USA)
  • Bakou (port de la mer Caspienne, en Géorgie) pour le courrier en provenance du Moyen Orient, ou d’Afrique. Avec l’approche des allemands, Tachkent a remplacé Bakou
  • Vladivostok pour le courrier provenant d’Orient, d’Inde, de l’Ouest des USA

On rencontre 5 types modèles de cachet de censeurs :

  • Pour le courrier en provenance (ou à destination) de l’étranger, un cercle avec une lettre indiquant la ville (M pour Moscou, L pour Léningrad, A.A pour Alma Alta, Tshk pour Taschkent, A-K pour Archangel),
  • Pour le courrier domestique, un texte signifiant «vérifié par la censure militaire »/un blason/un numéro de censeur) ; un 2ème type existe avec sous le blason avec le nom de la ville.
  • Les  cachets en forme de losange étaient réservés à la correspondance des prisonniers de guerre. On rencontre aussi un triangle avec un numéro

Les plis en recommandé pour l’étranger sont présentés au guichet ouverts. Après censure, la commission de censure militaire les referme au moyen d’une bande et appose son cachet.

Il est à noter que, pendant le siège de 900 jours, du courrier parvenait aux destinataires (par bateau, ou camion/train lorsque les lacs étaient gelés)

3 Camps de prisonniers

Il serait vain de vouloir répertorier tous les camps présents sur le territoire russe pendant la 2ème guerre : goulag pour prisonnier politiques, peuples déportés pour avoir « collaboré » (ou tout simplement été en contact) avec les allemands, peuples des régions annexées (est de la Pologne, États Baltes…) réfractaires à cette annexion, mais aussi bien sûr les prisonniers de guerre allemands (et de leurs alliés)

Il est à noter que l’U.R.S.S. n’étant pas signataire de la convention de Genève sur les prisonniers de guerre, le sort des prisonniers allemands en Russie n’était pas plus enviable que celui des soldats russes prisonniers en Allemagne.

Dans son ouvrage « POW, postal history », Stich explique que, dans un premier temps, les autorités de censure allemande ne distribuaient pas à leur destinataire le courrier en provenance de soldats allemands prisonniers dans des camps soviétiques, afin que la population ne soit pas au courant du nombre élevé d’officiers et de soldats fait prisonniers. Ces mêmes autorités indiquaient à la population allemande que les russes n’admettaient pas de courrier pour les POW allemands. Pour indiquer que c’était faux, les autorités russes lançaient des tracts sur l’Allemagne avec des listes de POW (ou diffusaient sur radio Moscou des noms de prisonniers). De leur côté, les civils allemands essayaient d’avoir des informations via la croix rouge suisse, suédoise, ou le croissant rouge turc ou iranien.

A la fin de la guerre, environ 2,5Mi de soldats allemands étaient entre les mains des russes. La plupart des camps étaient localisés dans la partie européenne de l’URSS. Mais ce n’est qu’en 46-47 que le service postal a pu être établi entre les prisonniers et leur famille, à l’exception des « camps de punition ». Les échanges se faisaient à l’aide de carte-réponse. Au début, les marques de censure sont soit un losange (avec le texte « examiné par la censure de guerre »), ou, plus rarement, un double cercle. Ensuite, on rencontre généralement un triangle avec un chiffre.

Enfin, il est à noter que des russes (ou ukrainiens) fuyant l’armée rouge ont été internés dans des camps de «personnes déplacées » en Allemagne de l’Ouest après la guerre.

De leur côté, 2Mi de soviétiques ont été internés dans les camps de prisonniers en Allemagne. Sans compter ceux qui étaient dans les camps de concentration. Là aussi, pas de correspondance.

 

4 Croix rouge.

Carnevalé, dans son ouvrage, indique que 24 974 messages en provenance de l’Ostand ont été transmis à Genève (rien concernant l’Ukraine)

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