Indes orientales hollandaises (1940-1945) – timbres

Sources : nombreuses, mais principalement les bulletins de l’ASNP (American Society for Netherlands Philately), le site dainippons.nl (disparu) et mes catalogues de censures (dont « Postal censorship in Netherland Indies » by Piet van Putten, d’on je n’ai malheureusement que quelques extraits).

Les remarques suivantes (extraites d’un article de Netherlands Philately) expliquent qu’il est difficile d’avoir des informations complètes sur la philatélie-marcophilie des Indes Hollandaises occupées dans les années 42-46. Les archives de la poste d’occupation japonaises ont été détruites à la fin de la guerre, les philatélistes d’avant guerre étaient généralement hollandais et ont donc été internés. Il y avait pas de « production (cachet commémoratifs, timbres) » destinées aux philatélistes (comme en Europe pendant la guerre). Les quelques cachets spéciaux avaient un but de propagande, et les surcharges un but utilitaire. On trouve quand même (mais beaucoup mois qu’aux Philippines) des envois philatéliques sur l’enveloppe, l’adresse du destinataire étant généralement la même que celle de l’expéditeur ! Enfin, il existe de nombreuses fausses surcharges (les tampons de surcharge ont parfois été retrouvés et utilisés après guerre), des fabrications de fausses lettres.

Indes orientales hollandaises (le catalogue NVPH est un catalogue hollandais)

Tous les timbres émis entre fin 1940 et 1941 ont été imprimée à Batavia. Leur date de validité cesse le 31/12/45 (théoriquement !)

Timbres émis entre l’invasion des Pays Bas par les allemands en mai 1940 et celle des Indes orientales hollandaises par les japonais début 1942:

15 novembre 1940 : Michel n° 286 (Yvert n° 274), NVPH n° 272. Chiffre. Tirage 10 Mi

1940                          : Michel n° 273 et 274 (Yvert n° 242A et 242B), NVPH n° 259 et 260. Reine Wilhelmina

2 décembre 1940    : Michel n° 287 (Yvert n° 284), NVPH n° 273. Pour la Croix Rouge

1940                          : Michel n° P40 (Yvert n° T39), NVPH n° P39. Timbre taxe bleu. Est reparu bleu clair en 1941

1941                           : Michel n° P40x , NVPH n° P48. Timbre taxe bleu clair

1941                           :  Michel n° 288 I et 288 II (Yvert n° 254), NVPH n° 274 I et 274 II. Pour les « I », la distance entre 10 et CENT de 1mm1/4 tandis qu’elle est de 1 mm 3/4 pour les « II », et Michel n° 289 à 303 (Yvert n° 255 à 269), NVPH n° 275 à 289. Le tirage varie entre 10 000 (Yvert n° 260) et 28 Mi pour le n° 254. Wilhelmina, plusieurs types de dentelure. Attention aux faux, la côte de certains timbres au faible tirage est élevée, et, de plus, les japonais ont saisi les timbres à l’effigie de la reine.

10 mai 1941              : Michel n° 304 à 306 (Yvert n° 270 à 272), NVPH n° 290 à 292. Pour le fond Prince Bernhard et l’achat de Spitfire. Tirage: 500 000, 615 000 et 50 000

22 septembre 1941 : Michel n° 307 à 311 (Yvert n° 273 à 277), NVPH n° 293 à 297. Pour l’association musulmane Muhammadiyah, qui entre autre aide les personnes en difficulté.

1941                          : Michel n° 312 à 316 (Yvert n° 279 à 282), NVPH n° 299 à 303. Danses traditionnelles (tirage complémentaire en 1948).

1941                          : Michel n° P24x à P40 x, NVPH n° P42 à P48. Retirage local des timbres taxe de 1913.

ENTIERS

Après l’invasion des Pays-Bas en mai 1941, les Indes orientales sont gérées par le gouvernement hollandais en exil, basé à Londres, (et supervisé par la reine Wilhelmine). Le gouvernement des Indes orientales déclare la guerre au Japon le lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, le 9 décembre 1941.

Période de l’occupation japonaise (début 1942 à m 1945)

Afin de s’approprier les ressources de cette colonie (3ème producteur de pétrole avant guerre), les troupes Japonaises débarquent dans les Indes orientales hollandaises le 11 janvier 1942 en commençant par la partie hollandaise de Bornéo et les iles Célèbes. Le 5 mars 1942, Batavia (Jakarta) tombe. Le 9 mars 1942, les alliés se rendent à Bandung (Java), le territoire étant presque entièrement entre les mains des troupes japonaises (certaines iles comme Lombok, Flores, et la Nouvelle Guinée hollandaise sont occupées entre avril et juin 1942, voire mi 43 pour les iles les plus isolées ; le sud de la Nouvelle Guinée ne sera jamais occupée et utilisera des timbres d’avant guerre jusqu’à leur épuisement). Peu après, Soekarno (emprisonné depuis 2 ans, fondateur du parti national indonésien, et qui deviendra le 1er président après l’indépendance) est libéré par les japonais, qui lui promettent l’indépendance du pays s’il « collabore ». Les japonais, accueillis comme libérateurs, se rendent impopulaires en raison de l’imposition de travail forcé. Une milice est créée par les japonais (PETA). Elle deviendra la future armée indonésienne.

Les japonais ont divisé en trois zones les ex Indes hollandaises, chacune disposant de sa propre administration (postale entre autre).

  • Sumatra est géré par l’armée japonaise (jusqu’au 1er avril 1943, Sumatra était géré par l’armée japonaise basée à Singapour, avant d’être sous une administration militaire propre, elle-même divisée en 10 commandement militaires)
  • Java est aussi gérée par l’armée japonaise (« Japanese Army »)
  • Les autres iles dépendent de la Marine Japonaise

L’archipel de Riau (aussi écrit Riouw), situé en face de Singapour mais qui dépendait de Sumatra avant la guerre, reste administré par l’armée japonaise basée à Singapour. Ce sont donc des timbres et des entiers d’occupation japonaise de la Malaisie qui sont utilisés:

Il est à noter que deux calendriers remplacent le calendrier grégorien (européen) à partir de mai 42. Le calendrier SUMERA – aussi appelé système de l’année impériale, KOKI- (2602 = 1942, 2603 = 1943…) et le calendrier SYOWA (Showa) – basé sur le début du règne de l’Empereur Hirohito, principalement utilisé à Sumatra (17 = 1942, 18 = 1943…).

JAVA

Les autorités japonaises rouvrent les postes à Java fin avril 42 (entiers postaux) et en septembre pour les lettres (remises à la poste non fermées pur permettre la censure)

D’un point de vue philatélique, à Java, les timbres trouvés sur place par les japonais (donc émis par les hollandais) continuent à être utilisés sans surcharge (sauf ceux à l’effigie de la reine), et les timbres taxe sont utilisés comme timbre ‘standard’. Il en est de même pour les entiers postaux. Ceux de la période coloniale continuent à être utilisés, d’où des affranchissements mixtes.

Dès mars 1943, les premiers timbres spécifiques à l’ile sont émis par les japonais.Ceux de la période coloniale continuent à être utilisés, d’où des affranchissements mixtes.

9 mars 1943            : Michel n° 1 à 4 (Yvert n° 12 à 15). Commémoration de la 1ère année d’occupation

29 avril 1943            : Michel n° 5 et 7 (Yvert n° 16 et 18). Paysages (série définitive). La date d’émission correspond à l’anniversaire de l’Empereur ! Existe dentelé 12 et 12 1/2

1er juin 1943                    : Michel n° 8, 9 et 10 (Yvert n° 19, 20 et 21). Suite de la série définitive

 

1944 (ou début 45, selon sources) : Michel n° 6, 11 et 12 (Yvert n° 17, 22 et 23).  Fin de la série définitive

20 mars 1944                 : Michel n° 13 et 14 (Yvert n° 24 et 25). Soldat exhibant un livret d’épargne postal (commémoration du montant collecté, 5 Mi).

ENTIERS

Comme pour les timbres, les entiers datant des Indes hollandaises continuent à être utilisés (au début de la période d’occupation japonaise)

Puis, en Septembre 1942, le très commun entier postal « Dai Nippon 3 ½ c » est mis en vente. Le mot « NED INDIES » est donc remplacé par DAI NIPPON !

Le modèle ci-dessus, avec « BREIFKAART / KARTOEPOS » sera remplacé début 1943 par une version, toujours à 3 1/2 c , mais avec la traduction en japonais de « BREIFKAART », comme sur le scan ci-dessous d’un entier à 5 c (un modèle est visible plus bas, dans la section « Sumatra »)

De nouveaux entiers sont émis ultérieurement reprenant le visuel des timbres d’occupation japonaise de Java. Le 1er juillet 1945, le tarif des entiers passe de 3 ½ c à 5 c. Des entiers sont surchargés, et d’autres sont émis avec la nouvelle valeur. Il existe 3 versions de cet entier : 3 1/2 c, 5c et pour l’armée

Il existe aussi un entier spécifique pour le changement d’adresse (2c, dessin globe, texte Dai Nippon)

 

SUMATRA

A Sumatra, les timbres des Indes hollandaises sont utilisés généralement après avoir été surchargés (même si, au début de la période d’occupation, des timbres d’occupation japonaise de la Malaisie et des timbres japonais ont été utilisés dans la partie est de l’ile). Mais chaque gouverneur japonais crée ses propres modèles de surcharge (et, dans la province de Pelambang, chaque ville a ses propres modèles, car les bureaux de poste de la région ayant été pillés, et afin d’éviter les fraudes, les autorités japonaises ont autorisé les « postmasters » de surcharger des timbres avec leurs initiales, leur chevalière…). Les faux sont malheureusement nombreux !

Certains timbres de Malaisie anglaise (surchargés DAI NIPPON) ont été utilisés dans certaines province de Sumatra.

Ci-dessous, quelques exemples de surcharges (sur des timbres des Indes hollandaises) extraits d’un ouvrage de Tom R. Bleeker (Japanese occupation issues of the Dutch East Indies). Plus bas, en noir et blanc, dessins de quelques modèles de surcharges.

 

En 1944 (selon l’ouvrage de Bleeker, en 1942 selon le site colnect.com, un modèle unique de surcharge est progressivement utilisé dans l’ile. La surcharge est soit manuelle, soit à la machine (le site Colnect.com répertorie 111 timbres dans cette catégorie). Mais chaque province imprime elle-même la surcharge, d’où quelques variantes. La traduction est « Service postal du grand Empire japonais », un « T » avec 2 barres horizontales (symbole des postes japonaises) et 4 caractères se traduisant par SUMATRA.

Je n’ai aucune garantie quant à l’authenticité des surcharges et des cachets à date. C

Série définitive est émise, pour un usage exclusif à Sumatra.

29 avril 1943      : Michel n° 4 et 10 (Yvert n° 29 et 35)

1er aout 1944     : Michel n° 1 à 3, 5 à 9 et 11 à 12 (Yvert n° 26 à 28, 30 à 34 et 36-37)

Les entiers postaux de la période coloniale furent aussi rapidement surchargés (généralement avec la même surcharge que sur les timbres). En mai 1942, un entier de 3 ½ c reprenant le visuel du timbre est mis en vente (couleur légèrement différente). Un article de « Netherlands Philately » indique que des entiers japonais ont aussi été utilisés à Sumatra. Le 15 aout 45, le tarif des entiers passe de 3 ½ c à 5 c.

 

ILES CONTRÔLÉES PAR LA MARINE (le QG est situé à Makassar, Célèbes)

Dans les iles administrées par la Marine (Suwalesi, Bornéo, Moluques, Nouvelle Guinée – partie hollandaise…), les timbres sont surchargés d’une ancre et de 3 caractères japonais signifiant « Dai Nippon » c’est-à-dire Grand Japon (mais des détails différencient les surcharges effectuées dans les différentes iles, voire selon le tampon de surcharge –manuelle- utilisé dans une ile donnée !). Des émissions locales « d’urgence » ont aussi existé. Le catalogue en ligne colnect répertorie 154 modèles de timbres surchargés. L’ancien site spécialisé dainippon.nl précise que ce groupe d’iles était lui-même divisé en trois Kaigun Minseibus (« Navy Civil Administration ») disposant chacune de sa propre administration postale (et, je suppose, de ses propres surcharges de timbres). La réouverture des postes varie selon les iles (par exemple, juin 42 dans une partie de Bornéo, février 43 à Flores).

Selon ce même site Internet, les timbres japonais étaient valides dans les zones de la marine.

Le 8 aout 1943 (le catalogue de Bleeker indique, quant à lui, « early 1943 »), une série définitive de 11 timbres est émise (valide uniquement dans ces iles). Série imprimée à Tokyo.

Enfin, en 1944, des timbres sont émis pour l’envoi d’argent par télégraphe (TMO = Telegraphic Money Order).

Des timbres locaux (pas des surcharges) ont été émis imprimés par l’imprimerie de la mission catholique d’Endeh (maintenant Ende, dans l’ile de Flores). D’autres « locaux » ont été réalisés à Bornéo (Banjarmasin).

Les entiers postaux de la période coloniale furent aussi rapidement surchargés (généralement avec la même surcharge que sur les timbres). Puis, en juin 1942, les iles Célèbes émettent leur propre modèle d’entiers. D’autres suivront, pour d’autres iles. Le 1er juillet 44, le tarif des entiers passe à 4 s

 

Dans certaines iles, la présence japonaise pris fin en 1946, les troupes alliées arrivant à cette date.

Enfin, une ville, située en Papouasie (partie hollandaise) n’est jamais tombée aux mains des japonais

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