1/ Avant l’occupation japonaise
Aux Indes hollandaises, la censure (par les autorités hollandaise) durent du 10 mai 1940 au 8 mars 1942. Elle concerne les lettres, les documents imprimés (journaux…), les télégrammes et les paquets. Cela concerne aussi bien les correspondances des civiles que militaires. Ainsi, bien sûr, que les civils internés (principalement des allemands…): leurs correspondances sont d’abord examinées par le responsable du camp, puis par le bureau central de la censure à Batavia (Jakarta).
Les lettres en route entre les Indes Hollandaises et les Pays Bas lors de l’invasion de ce pays (10 mai 1940) sont interceptées par les autorités allemandes qui les censurent puis les distribuent.
On rencontre des cachets/bandes portant le nom de la ville ayant vérifié la correspondance (concerne Medan, Batavia et Palembang, au début de la période de censure, entre mai 40 et septembre 40 approximativement), mais surtout des cachets/bandes d’usage général (sans nom de ville). De plus, plusieurs administrations interviennent dans ce processus de censure (l’armée avant le 12 juin 1940 puis le bureau de justice, le bureau des affaires économiques, le bureau de contrôle des devises)
1-1 Cachets de censure
1-1-1 Cachet de contrôle par l’armée puis la justice
A Medan (Sumatra), cachet linéaire « Militaire Censuur / Medan », parfois 3 lettres A.C.K. (abréviation de Algemeen Cesuur Kantor = bureau général de censure)
A Palembang (Sumatra), cachet linéaire « Militaire Censuur / Palembang », ou « Censuur Gepasseerd / Palembang » ou, sur des bandes neutres, texte encadré « Censuur Palembang / Gepasseerd »
A la « Navy Post Office » de Subaraya (Java), sont utilisés 2 cachets : un cachet linéaire « MARINE CENSUUR / E » et , encadré, « GECENSUREERD / 12 » (= censuré)
Sinon, des cachets standards sont utilisés :
- Linéaire « GECENSUREED/ nombre » (la couleur du cachet, la longueur du texte et le nombre permet théoriquement de reconnaitre les différents bureaux de censure)
- Linéaire « CENSUUR / GEPASSEERD / nombre »
- Cachet circulaire à date « CENSUUR / date / chiffre
Plusieurs marques de lecteur (petit cercle avec chiffre ou initiales encadrées)
Les lettres non ouvertes (diplomates, administration) ont parfois un cachet linéaire encacdré « NIET DOOR CENSUUR /GEOPEN / chiffre
1-1-2 Cachets du « deviezen Instituut »
Ce bureau de contrôle des devises vérifie l’éventuelle présence de billets, chèque ou autre papier financier.
- Le principal modèle de cachet est un cercle simple ou double « DEV / chiffre »
- Cachet circulaire « NED. IND DEVIEZEN INSTITUUT / DEVIEZEN / CENSUUR / I (ou II) »
A Subaraya (Java), un cachet spécifique est employé « NED. IND DEVIEZEN INSTITUUT – DEVIEZEN CENSUUR / SOERABAJA » (un cachet similaire existe à Palembang)
- A Medan (Sumatra), ce cachet est utilisé:
1-1-3 Cachets du « Economic Affairs Bureau » (qui vérifie l’exportation de produits stratégiques). Un cercle « Ec. C » ou ovale « Ec. C x » (x étant un chiffre)
1-2 Bandes de fermeture
Là aussi, on rencontre des bandes avec un texte se référant à une ville
- CENSUUR BATAVIA, répété 2 fois tête bêche
- GEOPENED MILITAIRE armoiries CENSUUR MEDAN
- CENSUUR BATAVIA (bande aussi utilisée à Medan, Sumatra)
A Palembang, deux modèles de bandes spécifiques à cette ville, utilisés plutôt en début de période de la censure : « GEOPENED /DOOR/ CENSUUR » et « DOOR / CENSUUR / GEOPEND »
Et des bandes plus « universelles », en plus de bandes neutres
- DOOR CENSUUR GEOPEND (texte répété 2 fois tête bêche)-plusieurs type de police, de couleur de bande
- « DOOR CENSUUR GEOPENED / DISOEKA OLEH CENSUUR »
- DOOR CENSUUR / GEOPEND
1-3 Censure diverses
Ci-dessous, scan d’un ouvrage présentant la censure des paquets poste et des télégramme:
2/ Pendant l’occupation japonaise
Dès la réouverture des postes, les japonais mettent en place la censure des correspondances civiles. Il est très difficile de faire une liste exhaustive des cachets utilisés. Ils sont nombreux, les cachets les lettres que je possède ne figurent pas systématiquement dans les ouvrages en ma possession…
Un article de Netherlands Philately précise que les cachets de censure japonais sont généralement verticaux dans les zones sous contrôle de l’armée, et horizontaux dans celles sous contrôle de la marine.
2-1 Sumatra. Le courrier interne (à l’ile) était censuré sur place (ville de départ, de destination ou sur le trajet), d’où de nombreux modèles. Le courrier pour Java était examiné à Palembang (ville au sud de Sumatra) et celui pour la Malaisie à Bukittinggi (centre de Sumatra).
Le catalogue de censure Wolker distingue 3 périodes
2-1-1 Période 1. Dès le début de l’occupation, 2 caractères Kanji; K-E (signifiant Ken Etsu = censure) ou K-E-Z (Ken Etsu Zumi = censuré). La planche ci-dessous intitulée « Japanische Besetzungen (II) », extraite du catalogue de Wolker, représente quelques exemples de cachets de censure de cette période, utilisés dans différentes villes de Sumatra (de gauche à droite : Taroetoeng, Medan, Goenoeng, Pankalpinang, , Palembang, Palembang sans cadre, Taroetoeng plus petit que le 1er)
2-1-2 Période 2. A partir d’automne 1942, apparaissent des cachets avec nom du lieu de la censure et parfois le numéro du district militaire (et toujours, à gauche, les 3 caractères K-E-Z)
La planche ci-dessous représente quelques exemples de cachets de cette période (10 à Palembang, 9 à Pankalpinang, 8b à Padang et 7a à Medan:
2-1-3 Période 3; A partir de fin 1943, le nom de la ville est progressivement remplacé par un cachet indiquant, outre les traditionnelles trois caractères « K-E-Z », le nom du territoire (Sumatra) et, en dessous, le numéro du district militaire (souvent en caractères japonais)
Enfin, le bureau de censure militaire pouvait censurer à nouveau des correspondances déjà vérifiées par le bureau de censure civil. Un cachet à double cercle était alors apposé, avec au centre le numéro du district militaire. Ce bureau avait aussi ses propres bandes de fermeture. Le cachet bilingue était utilisé pour le courrier administratif afin d’accélérer le processus de censure:
1-2 Java.
1-2-1 Comme à Sumatra, dès le début de l’occupation, 2 caractères Kanji: K-E (signifiant Ken Etsu = censure) ou K-E-Z (Ken Etsu Zumi = censuré). Les 2 caractères sont reproduits ci-dessus (Sumatra 1-1-1)
1-2-2 A partir de l’automne 42, apparaissent les cachets indiquant le nom de la ville. On retrouve en partie haute les 3 caractères K-E-Z, et sur la colonne de droite un nom de ville
1-2-3 Puis, à partir de fin 1943, le nom de la ville est remplacé par 3 caractères japonais signifiant « bureau de poste » (Yubin Kyoku)
Les 2 entiers ci-dessous ont été postés Java. Mais je n’arrive pas à identifier le cachet de censure avec certitude.
Enfin, on peut rencontrer, comme à Sumatra, divers cachets militaires, administratifs.
1-3 Iles sous contrôle de la marine japonaise:
Les correspondances sont beaucoup plus rares. On retrouve les 3 caractères (K-E-Z), le nom de la ville.
3/ Après le départ des japonais
Selon un catalogue spécialisé d’un certain « Bulterman », il existe plus d’une vingtaine de cachets de censures dans les zones républicaines.
De leur côté, les hollandais utilisent une marque ce censure telle que celle-ci:

















































