Généralités sur la censure en France 39-40

La censure des correspondances répond à trois objectifs. Empêcher de transmettre des informations confidentielles (emplacement de sites militaires, par exemple) :l’information est alors caviardée, récolter des informations utiles à la défense nationale et sonder l’opinion (propos défaitistes, plaintes de la population…).

1ère période : période « drôle de guerre » jusqu’à l’armistice

La déclaration de la guerre a lieu le 3 septembre 1939, mais les instructions relatives à la mise en place des communications avaient été envoyées aux le 30 août 1939.

Le contrôle postal dépend de la Section de Centralisation du Renseignement (rattachée au 5ème bureau de l’État Major).

Des commissions fonctionnent dans chaque grande ville, et il existe en plus des commissions spécialisées (courrier international, courrier de/vers la zone des armées). Les courriers sont inspectés par des militaires qui sont installés dans des mairies, des casernes ou des postes.

Les correspondances sont contrôlées soit au départ, soit avant la distribution au destinataire.

Les courriers transitant par la France (par exemple, Italie vers Grande Bretagne – voie terrestre) peuvent être contrôlées.

Le 22 juin 1940, c’est l’armistice, et le matériel utilisé par les censeurs doit changer (les mots « ouvert par l’autorité militaire » sont remplacés par « ouvert par les autorités de contrôle »), Toutefois de nombreuses marques de la première période continueront à être utilisées après l’armistice, parfois jusqu’en octobre 1940, le temps que le nouveau matériel soit livré.

2 types de cachets sont utilisés (il existe aussi un très rare cachet de cire de type déesse assise qui semble avoir servi à refermer des lettres recommandées en valeur déclarées après contrôle ou à sceller des lettres de service):

  • Un cachet fusiforme. La 1ère lettre correspond à la région militaire (A pour la 1ère région, B pour la 2ème et G pour la 20ème. Il faut ajouter U pour le Gouvernement militaire de Paris, W pour les commissions périphériques : courrier de/vers l’étranger et enfin X pour le courrier en partance de la zone des armées, Z pour celui à destination de la zone des Armée). La 2ème lettre correspond à l’indicatif d’un des départements de la subdivision (par exemple AA = Lille, AB = Arras). Quant au nombre, il s’agit d’une suite à peu près progressive (progression simultanée des lettres et des chiffres: de AA 21 à ZD 582, les grandes villes ayant parfois plusieurs nombres  BA 32 à BA 34 pour Beauvais, par exemple)
  • Quant au cachet rond (appelé « déesse assise »), son emploi n’est pas parfaitement clair : 2ème contrôle effectué par un supérieur (selon l’ouvrage du club marcophile de 1992), employé parfois à la place ou en complément du cachet oblong (sans explication particulière, selon l’ouvrage de Deloste), parfois marque de franchise pour le courrier du personnel des commissions de censure ou de marque administrative sur le courrier officiel.

Pour être complet, il faut ajouter les marques de courrier saisi, d’acheminement suspendu, du contrôle des télégrammes.

Bandes de fermeture.

Dans le cas où la lettre est ouverte, une bande de fermeture est utilisée pour la refermer. Elle est assez rarement neutre. Si elle est imprimée (ou parfois tamponnée), elle porte le texte « contrôle postal militaire ». Chaque région dispose de ses propres bandes, et le texte (longueur, type de police, hauteur des lettres…) varie d’une région à l’autre, entre différents bureaux de censure d’une région donnée et dans un bureau donné, selon la période. Difficile donc de faire une liste exhaustive des différentes bandes existantes, les descriptions de mes ouvrages de référence étant très souvent différentes, et une partie des lettres en ma possession ont une bande de fermeture ne figurant dans aucun ouvrage. En effet, les bandes sont réalisées localement.

Le contrôle comprend 3 types de zones:

  1. les régions classiques (Paris + 20 Régions en France métropolitaine + Algérie + Tunisie + Maroc)
  2. la zone des armées (lettres X et Z)
  3. les commissions périphériques (courrier de/pour l’étranger et en transit). Lettre W

Mais les règles ne sont pas toujours suivies, une lettre pour l’étranger ou la zone des armées pouvant être censurée par une commission « classique ».

Enfin, dans certaines commissions, les censeurs ajoutent une marque « de censeur », généralement une lettre encerclée ou non, manuscrite ou marquée avec un cachet. Cette lettre est au dos de l’enveloppe, à priori pas sur le courrier à l’intérieur de l’enveloppe.

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