Inde Française (EFI): philatélie et marcophilie

Contexte historique

Les 5 comptoirs français de l’Inde (Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Karikal et Yanaon) se rallient à la France Libre le 9 septembre 1940 (ils regroupent à l’époque environ 300 000 habitants). Mais dès le 13 juillet, le gouverneur Bonvin avait assuré de Gaulle de son soutien.

En raison de l’impossibilité de commercer avec la métropole (et avec l’Indochine), les Ets français de l’Inde (EFI) signent une convention douanière et monétaire avec l’Inde anglaise, leur unique partenaire commercial (la Roupie Indienne émise à Pondichéry s’échange librement contre la Roupie des Indes anglaises). Il est à noter que Pondichéry utilise depuis 1931 la Roupie de Pondichéry (1 R = 8 fanons = 192 caches), tandis que dans les 4 autres comptoirs c’est la roupie indienne qui circule. De plus, le gouvernement de l’Inde anglaise dispose de 25 bureaux de poste sur le territoire des l’Inde française (il est possible d’y déposer des courriers affranchis de timbres des Indes Françaises, tant pour le courrier destiné à l’Inde anglaise qu’à un destinataire situé dans le territoire de l’Inde française, en particulier s’il est situé dans une zone rurale : un bureau de poste français peut donc remettre à un bureau de poste anglais du courrier !). On peut cependant rencontrer des lettres affranchies de timbres anglais originaires des EFI.

Timbres émis entre 1941 et 1945 (source : Les surcharges France Libre en Inde, 1984)

Comme dans toutes les colonies, des timbres ont été émis en métropole, par les autorités de Vichy (ils ne sont jamais parvenus dans la colonie) tandis que d’autres ont été émis par les autorités de la France Libre.

Timbres émis par la France Libre en Inde (surcharge des timbres disponibles sur place)

1941

1ère série : surcharge diagonale FRANCE LIBRE, avec parfois une nouvelle valeur (16 février 1941):

Dès le 16 décembre 1940, le comité français à Londres demande aux autorités françaises en Inde de surcharger « France Libre » les timbres présents sur place. Le 7 mars 41, elles demandent d’expédier 15 000 séries à Londres. L’imprimerie des Missions catholiques ayant refusé ce travail (par conviction politique), c’est l’imprimerie du gouvernement qui s’en chargea. Mais, ne disposant que de presse à bras, la qualité du travail fut irrégulière (pression variable, position variable des  surcharges en particulier lorsqu’il y a deux éléments différents : ‘France Libre’ et ‘Croix de Lorraine’ par exemple).  Les 2/3 des timbres furent expédiés à Londres, le reste fut mis en vente à partir du 16 février 41 dans les 5 comptoirs. Les surcharges sont souvent baveuses (encre trop fluide).

Série courante d’avant guerre surchargée. Ces timbres portent les numéros 128 à 150 dans les catalogue Yvert et Michel. Le catalogue lui attribue les numéros 128 à 150 et 158 (car deux numéros pour le 2 fa 9 ca sur 25c, en raison de variétés)

Séries commémoratives d’avant guerre surchargées: (même dates que ci-dessus)

Michel et Yvert n° 151 à 158 ainsi que BF 2 & 3

2ème série : Emission France toujours

Ces surcharges ont été effectuées sans accord des autorités locales (poste, gouverneur). Mais, mis devant le fait accompli, la vente auprès du public a été autorisée, ainsi que l’usage postal. La surcharge a été effectuée au tampon, manuellement : il y a donc des variations de position de celle-ci selon les timbres. En raison du faible tirage (200 ex), il y a de nombreux faux.

 

1942

3ème série : Surcharge croix de Lorraine et FRANCE LIBRE.

Le 27 juillet 42, une fois encore sans l’accord des autorités compétentes, une quantité restreinte (environ 2 000 à 4 000 timbres) fut surchargée et  mis en vente. Afin d’éviter toute spéculation, un deuxième tirage a lieu (à la demande, cette fois, des autorités). Ces timbres (le 2ème tirage) sont mis en vente  le 4 mai 1943. Peu après, certaines valeurs ont bénéficié d’un 3ème tirage. Il y a plusieurs critères pour  distinguer les différents tirages : distance entre le haut de France et le bas de la croix (12 mm pour le premier, 8 mm pour le deuxième – mais certaines valeurs du 1er tirage avaient déjà une distance de 8 mm !!-  erreurs typographiques sur le 2ème tirage – sur certains timbres- et bien sûr date du cachet d’oblitération (s’il est authentique !).

Yvert n° 159 à 183, Michel n° 161 à 185

4ème série

En septembre 42, une tentative de surcharge bicolore a eu lieu, ainsi que des essais en bleu et en noir. Les timbres ont été régulièrement vendus à la poste.

 

5ème série

En décembre (à priori, le 16 décembre 42), certaines valeurs manquaient. Des timbres de 16 ca ont été surchargés

Yvert n° 184 à 190, Michel n° 186 à 192

 

1943

6ème série

Sur ordre du Comité National d’Alger, 35 000 timbres Yvert n° 100 (6 fa 6 ca) sont surchargés d’une nouvelle valeur (7 valeurs différentes, 5 000 ex de chaque) et 105 000 timbres sont surchargés de la croix de Lorraine et de ‘FRANCE LIBRE’ en plus de la nouvelle valeur (7 valeurs différentes, 15 000 ex de chaque).

Timbre Yvert n° 100 surchargé le 24 février 43: Yvert n° 191 à 197, Michel n° 193 à 199

Idem ci-dessus avec en plus la croix de Lorraine (même date)

Yvert n° 198, 201, 204, 207, 210, 215 et 216

Michel n° 200, 203, 206, 209, 212, 217 et 218

7ème tirage

Un tirage supplémentaire est mis en vente le 2 mai 1943. Des erreurs (PRANCE LIBRE, FRANOE LIBRE) existent sur les 12 valeurs. L’encre est claire, l’impression baveuse comme le tirage de 1941.

Yvert n° 199, 200, 202, 203, 205, 206, 208, 209, 211 à 214

Michel n° 201, 202, 204, 205, 207, 208, 210, 211 et 213 à 216

Les faux

Afin d’éviter les fausses surcharges, les timbres non surchargés en stock à la poste ont été retirés de la vente, les plombs utilisés pour les surcharges fondus.

Cependant, très vite, des faux ont apparus sur le marché (en particulier les  surchargés FRANCE TOUJOURS et le n° Yvert 131, ainsi que le bloc feuillet).

 

Série de Londres

Dès 1942, la série dite de Londres, qui est imprimée à Londres et est expédiée dans les différentes colonies au fur et à mesure de leur ralliement (et des disponibilités des moyens de transport) est mise en vente dans les comptoirs français de l’Inde. Le motif a été choisi par un orientaliste, le Cdt  Hackin : une fleur de Lotus se détachant sur un motif de temple hindou.

Il semble que les timbres pour la poste aérienne sont parvenus à Pondichéry mi janvier 43

Michel 219 à 238, Yvert 217 à 230 et PA 1 à 6, Dallay 187 à 200, et PA 1 à 6

Série dite ‘Entraide française’

Yvert n° 233, Michel n° 271, Dallay n° 262. 128 000 timbres sont imprimés, mais seulement 3 000 sont envoyés en Inde (le 21 juin 45). Ce timbre avait été mis en vente à Londres fin 44, et à Paris en 1945.

Série émises par les autorités de Vichy, jamais mises en vente dans les comptoirs.

Ils n’ont été vendus qu’à l’agence comptable des timbres d’outre mer, à Paris.

21 juillet 1941: Défense de l’Empire

Yvert n° 123 à 125, Michel n° 123 à 125, Dallay n° 123 à 125

1941: Pétain et temple près de Pondichéry

Yvert n° 126 à 175, Michel n° 126 à 127, Dallay n° 126 à 127

1942 : Au profit de l’œuvre de protection de l’enfance indigène

Yvert PA n°7 et 8, Dallay PA n° 7 et 8

1942 : Quinzaine Impériale (événement organisé par Vichy du 15 au 31 mai 42)

Yvert n° 9, Dallay n° 9

1944: Surtaxe pour les œuvres coloniales

Yvert n° 231 et 232, Dallay n° 260 et 261, Michel n° 269 et 270

Timbres émis après la guerre

La première série à être émise (et qui concernera toutes les colonies) est le timbre hommage à Félix Eboué, décédé en mai 44. L’impression des deux timbres destinés à l’Inde française a lieu le 25 mai 45 à Paris. Ces timbres seront en vente au guichet des timbres postes coloniaux à Paris le 25 juin 45, mais ils ne parviendront en Inde que fin 1945 (problème de transport).

Yvert n° 234 et 235, Michel n° 272 et 273, Dallay n° 263 et 264

1946 Anniversaire de la Victoire

Yvert PA n° 10, Michel n° 274, Dallay PA n° 10

1946 Série du Tchad au Rhin

Yvert PA n° 11 à 16, Michel n° 275 à 280, Dallay PA n° 11 à 16

Censure

Comme dans toutes les colonies, le courrier est censuré. Comparées à d’autres colonies, elles sont relativement rares. Le seul cachet que je connaisse est celui figurant sur l’enveloppe ci-dessous.

Correspondance avec l’Indochine

Il était possible de communiquer (par courrier) entre l’Inde française (gaulliste) et l’Indochine (pétainiste). En outre, le courrier entre l’Inde et la métropole transitait par Saigon.

Poste militaire

Afin de participer à la reconquête de l’Indochine, des soldats français sont intégrés au South East Asia Command.  Dans le catalogue des oblitérations militaires françaises, Sinais indique que le BPM n° 166A était situé à Calcutta, et le 180 à Chandernagor (ouvert le 13/07/45), puis à Calcutta où se trouvait Leclerc avant de débarquer à Saigon le 5 octobre 45.

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