Généralités sur la censure période « Vichy » (40-44)

Censure par l’état français (sources : article de Julvez dans un bulletin du CMSGM, ouvrage de Deloste, de Stich, de Wolker…)

L’armistice est signé le 22 juin 1940. La France est divisée en plusieurs zones trois jours plus tard. Le courrier continue à circuler entre la zone nord (allemande) et sud (Vichy) jusqu’à début aout. Des relations postales restreintes reprennent le 26 septembre 1940 (utilisations de cartes interzones). Les relations postales ne seront normales que le 1er mars 1943, quelques mois après l’invasion de la zone sud par les allemands (8 novembre 1942).

Dans les zones sous contrôle allemand (zone occupée, zones annexées…) et italien (principalement Menton jusqu’en novembre 1942), ce sont les autorités d’occupation qui se chargent de la censure des correspondances (mais, dans la zone occupée par le Reich, la plupart des lettres ne portent pas de marque de censure). Dans la zone dite « non occupée », le SCT (« service des contrôles techniques ») devient officiellement civil (sur les cachets et bandes de censure, les mots « autorités militaires » sont remplacés par « autorités de contrôle »). Son rôle n’est plus de protéger les secrets militaires (comme entre septembre 1939 et juin 1940) mais de sonder l’état de l’opinion publique, puis de surveiller la Résistance.

Le contrôle des correspondances est toujours effectué dans les locaux de la poste, par des officiers en civil (démobilisés ou en congés d’armistice). L’organisation des commissions de censure est calquée sur celle des divisions militaires (ex « régions militaires ») – il en existe 8-. Ces commissions dépendent des préfectures, donc plus du commandement militaire.

Après l’invasion de la zone sud par les allemands (et les italiens) en novembre 42, des commissions mixtes (franco-allemandes) s’installent dans les bureaux de poste. Ces commissions passent sous l’autorité de la police, des civils sont recrutés. Mais les allemands assurent de leur côté la saisie de certaines correspondance pour les censurer. Le 6 mars 1944, le SCT cesse ses activités de contrôle des correspondances. Je possède a été censurée en avril 44, mais elle provient de l’étranger, ce qui explique peut-être une censure après le 6 mars 44.

Les cachets sont soit de forme fusiforme (comme avant juin 40), soit de forme ovale. Une ville peut utiliser plusieurs formes ou dimension de cachet. De plus, il y a beaucoup moins de cohérence dans la « codification » des lettres et chiffres à l’intérieur des cachets (numéro à 0, 1, 2 ou 3 chiffres, plusieurs lettres différentes utilisées dans la même ville…). Dans son ouvrage, Deloste classe en 5 types principaux ces cachets ! Le cachet « déesse assise » n’est plus utilisé, sauf par la commission UP (Paris, pour certaines correspondances des prisonniers).

Les bandes de fermeture ressemblent à celles de la première période (39-40) : avec ou sans encadrement, dimension (et type de police) du texte variable (mais « contrôlé »)

Enfin, on retrouve une multitude de marque de censeurs.

Il est à noter que, pendant une période transitoire, les anciens cachets (et bandes), caviardes ou non, continuent parfois à être utilisés.

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