Cameroun: marcophilie 39-45

Censure (source : ouvrages de Deloste, de Sprenger)

Comme en France et dans les territoires français, la censure des communications est mise en place dès le début de la guerre.

Selon un ouvrage de Sprenger et Specht (zensurstemple aller französischen Kolonien), une marque linéaire « CONTROLE » a été utilisée en septembre 39, avant l’emploi de cachets circulaires jusqu’à aout 45. Les 2 commissions de censure  principales présentes au Cameroun sont situées à Douala (lettre A) et à Yaoundé (lettre B). On rencontre des cachets en négatif. Mais Deloste signale 2 autres commissions disposant de cachets d’un modèle différent : celle de Lolodorf (voir ci-dessous) et celle d’Ebolowa (rectangle avec CONTROLE/POSTAL/EBOLOWA). Les lettres censurées dans ces deux villes sont beaucoup plus rares. On peut aussi trouver des cachets de la police avec une note manuscrite « contrôlé » et sûrement bien d’autres marques «de confection locale ». Enfin le cachet peut être « contrôle postal » ou contrôle télégraphique ». Les « puces » (marque du censeur) vont de A1 à A5 pour Douala, tandis qu’à Yaoundé seule la B3 est utilisée.

Le ralliement à De Gaulle en aout 40 n’entraine pas de changement de cachet ou bande de fermeture.

Avant 1942 (occupation de la France « Libre » et ralliement à De Gaulle des colonies de l’AOF), les communications avec la France de Vichy étaient possible : le courrier  transitait par une colonie vichyssoise, puis une colonie anglaise, puis l’Angleterre et enfin la France (via le Portugal). Un article de Timbre Magazine de 2005 indique que le 4 juin 41, les autorités du Cameroun apprennent que le gouvernement de Vichy a donné des instructions pour que les correspondances entre la France non occupée et les colonies « dissidentes » (ralliées à De Gaulle) puissent être acheminées via Dakar, Cotonou puis le Nigeria. A cette période, l’Angleterre et la France de Vichy ne sont pas en guerre, le courrier circule donc entre ces deux pays.

Entre eux colonies ralliées à De Gaulle, le courrier fonctionne normalement. Dans l’exemple ci dessous, la lettre a été postée le 19 aout 1943 au Cameroun (où elle a été censurée) à destination de la Syrie (sous mandat français). Comme le destinataire est un militaire, la poste militaire française basée au Levant prend en charge la lettre (voir les 4 cachets « poste aux armées »)

Afin de pouvoir communiquer avec de la famille située dans des zones non accessible par le courrier « normal », les services de la Croix Rouge sont employés. Ci-dessous une lettre postée après le ralliement de la colonie à De Gaulle (en 1942, semble-t-il) pour la Croix Rouge de Genève. Elle a transité par le Royaume Uni (où elle a été censurée). 

Il est à noter quelques français, fidèles à Vichy (dont des marins, suite à l’affaire du Gabon en 1940), étaient en résidence surveillée à Douala ou dans un camp (Batschenga, Bafia, Moloko…) ; ils pouvaient envoyer des lettres, éventuellement  par l’intermédiaire de la Croix Rouge, via le Dahomey (fidèle à Vichy) et une colonie anglaise. Suite au débarquement des alliés en Afrique du Nord (AFN), la plupart de ces français seront évacués vers l’ANF.

Ci dessous le scan d’une article de Timbre Magazine: lettre postée vers le camp de Douala. L’aviso Bougainville est un navire appartenant à la marine de Vichy qui combattit des navires de la France Libre devant Dakar en novembre 40. Le Bougainville brule, ses marins sont internés.

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