Censure période Libération. Introduction et premiers cachets (hors F.F.I.)

Sources principales: Les feuilles marcophile n° 366, ouvrages de Stich, de Deloste, de Wolter, sites internet (dont courrier de guerre)…

Le premier département libéré (si l’on fait abstraction des départements d’Afrique du Nord, libérés à la suite du débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord Française) est la Corse en septembre 1943. Mais la Corse a continué à utiliser le même cachet que durant la période vichyste.

Les premières marques spécifiques à la Libération sont apparues en Normandie juste après le débarquement allié du 6 juin 1944. Il s’agissait d’un rectangle encadrant un numéro de contrôle. Les marques les plus précoces ont un numéro inférieur à 100. Cette marque de censure a été utilisée jusqu’à la fin de la guerre.

On  peut remarquer que toutes les lettres ci-dessous sont destinées à (ou en provenance de) l’étranger (ou à une colonie, mais après un transit en Angleterre):

Il faut garder en tête que les commissions de contrôle vichystes étaient exclusivement localisées en zone Sud. Il n’y avait alors aucune commission française au nord de la zone de démarcation.

A la différence des périodes précédentes, la censure s’est mise en place de façon empirique. On ne sait pas vraiment comment ont été choisis les codes de différentes commissions, ni leur ressort géographique exact (qui a dû évoluer au fur et à mesure de la libération des départements). On retrouve donc des cachets de censure FFI et des autorités « légales », des  censures provisoires (nombre encadré en Normandie), des codes différents sur les cachets (lettres, numéros), des cachets de formes diverses (linéaire, fusiforme, ovale). La règle d’utiliser les deux premières lettres de la ville de la commission de censure (par exemple, PA pour Paris), ou deux lettres de ce nom (DJ pour Dijon) n’est pas toujours respectée (n° 20 en Côte d’Or, 103 à Angoulême, HR pour Rennes). Une 3ème lettre désigne généralement une commission spéciale (par exemple, BOY pour la censure du courrier de/vers l’étranger, à Bordeaux).

On sait qu’une ordonnance du 10 janvier 1944 (signée par De Gaulle) crée 18 CRR (Commissariats Régionaux de la République): 6 dans les territoires de l’ex zone libre, 11 dans l’ex zone occupée, et le 29 septembre 44, l’ex zone annexée dite Alsace Lorraine constitue le 18ème commissariat. Théoriquement, à partir de septembre 1944, les commissaires régionaux sont compétents pour le contrôle des correspondances. Dans certaines zones (Ardèche, Côte d’Or..), les FFI avaient déjà mis en place leurs propres commissions de censure.

A partir de fin 1944, la DGER (direction générale des études et recherche –le contre espionnage) se charge du contrôle du courrier. Elle met en place une commission dans chaque chef lieu de département. Les censeurs (( résistants, militaires) sont alors remplacés par des censeurs civils. La période « de transition » est terminée. Les codes figurant sur les cachets de censure peuvent changer entre la période CRR et DGER (concerne la Bretagne).

Le courrier domestique est censuré jusqu’au 6 juin 1945, et celui de/vers l’étranger jusqu’au 30 aout 1945.

A la différence des deux périodes précédentes, il est difficile d’effectuer un classement :

Les « capitales » des 18 CRR n’ont pas nécessairement une commission de censure (à la différence des régions militaires entre 1939 et 1944). Par exemple, Orléans, une des 18 CRR, n’a pas de commission référencée, et, de plus, je n’ai pas trouvé de liste fiable des départements rattachés à chacune de ces CRR.

Certains auteurs classent par ordre alphabétique les villes, en indiquant pour chacune la liste des codes utilisés (par exemple: Rennes codes HR puis RN)

D’autres classent par code, et indiquent la ville concernée (Rennes apparaitra donc 2 fois : à HR puis à RN)

Un site Internet sur le sujet  a découpé la France en 8 grandes zones (Nord, Sud Ouest…) et, à l’intérieur, les villes par ordre alphabétique.

Enfin, à la différence des deux premières périodes où mes différents ouvrages de référence sont exhaustifs et comparables, les listes sont incomplètes pour cette 3ème période. Par exemple, ni Deloste ni Wolker ne référencent le code AM, alors qu’un site internet indique « Châlons-sur-Marne » ou bien Woolket et Stich indiquent LN pour Longwy, alors que Deloste ne reprend pas ce code. J’ai choisi  « arbitrairement » de classer par ordre alphabétique des villes, en mettant à part la censure FFI et « poste aux armées ».

Sur le lien ci-dessous figure un tableau classé par ordre alphabétique des lettres (ou nombre » des codes figurant sur les cachets).

censure France période Libération: Ce tableau n’est malheureusement pas complet. Il est basé principalement sur les informations du site courriers-de-guerre

Code censure période Libération

Dernière difficulté: certains cachets « fusiforme » portent un numéro (compris entre 1 à 17). Les auteurs indiquent que ces numéros concernent la « zone des armées ». L’article du CMSGM indique « un décret du 26 octobre 1944 institue une zone des armées pour les 30 départements situés au nord et à l’est de la Seine Inférieure, la Seine et Marne, l’Yonne, la Saône et Loire, le Rhône, l’Ardèche et le Gard« . Sur les 9 lettres que je possède portant un numéro compris entre 10 et 19 (donc hors correspondances de /vers l’Afrique du Nord : n° 1, 3 et 5), seules 2 sont des correspondances militaires (de/vers narine nationale), les 7 autres sont des correspondances dont l’expéditeur et le destinataire sont des civils. La plus ancienne a été postée en aout 44 (donc avant la création de la zone des armées), la plus « récente » en juillet 45. J’ai classé ces censures (à numéro) dans les même rubriques que celles « à lettres ». En effet, dans une même ville ont pu être utilisé un cachet à numéro et un cachet à lettre (par exemple, à Marseille, n° 15 et MS), sans que je sache pourquoi !

Les censures ne concernant que des correspondances expédiées par des militaires ont trois lettres (SVX, COX, SAX), parfois suivies d’un chiffre (SVX 2): mais il n’est pas possible si elles concernent des militaires basés en Métropole ou en opération extérieure (TOE). Apriori, les seules correspondances concernant la campagne de France sont un triangle , un nombre de 4 chiffres et une croix de Lorraine.

Pour mémoire, les 18 chefs lieu de CRR sont (selon wikipedia):

Angers

Bordeaux (départements 33, 40, 47 et 64)

Chalons Sur Marne

Clermont Ferrand

Dijon (21, 25, 39, 58, 70, 71, 89 et 90)

Laon (02, 09, 60 et 80)

Lille (59 et 62)

Limoges (19, 23, 24, 36 et 87)

Lyon

Marseille

Nancy

Orléans

Poitiers (16, 17, 79, 85 et 86)

Rennes (22, 29, 35 et 56)

Rouen

Saint Quentin (02, 08, 60 et 80)

Strasbourg

Toulouse

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