Tchécoslovaquie: marcophilie avant mars 39 et après la libération

1 Poste militaire (source : La Feldpost tchèque, le Monde des philatélistes)

1-1 Tchécoslovaquie (avant mars 39 et après la libération)

En raison des tensions internationales, l’armée tchèque a mis sur pied une poste de campagne au printemps 1938 (franchise postale pour les correspondances militaires).

Le pays est divisé en 8 secteurs, ayant chacun un bureau collecteur (Sberna Polnich Post) : Brno, Praha, Plzen, Pardubice, Prerov, Vrutky, Kocise et Trencin. Ces bureaux collecteurs regroupaient les lettres provenant des civils et des militaires de leur secteur.

Le courrier était alors envoyé dans un bureau collecteur central (Ustredna Polnich Post(y)), situé à Prerov.

Douze bureaux de poste militaire ferroviaire ambulant (Vojenska Vlakova Posta) convoyaient le courrier vers 5 bureaux de tri des postes de campagne (Tridirna Polnish Post(y)).

Le courrier trié était alors acheminé vers les 64 bureaux de poste militaire de campagne ((Ceskoslovenska) Polni Posta). Il existe 20 types de cachets différents.

Enfin, existent de très rares cachets dits d’évacuation (Evak Odd), utilisés lorsque les tchèques durent céder aux hongrois et au polonais en novembre 38 une partie de leur territoire.

Les bureaux de poste de campagne desservant la zone des Sudètes (entre autre, le n° 38) furent dissouts (cachet P.P. ZRUSENA / ZPEP)

Entiers : il existe 9 modèles différents de cartes de franchise militaire.

Suite à l’arrivée des allemands en mars 39, l’armée tchèque est dissoute.

Lors de la libération, la feldpost tchécoslovaque fonctionne à nouveau, durant l’année 1945

1-2  Armées tchèques en exil ( avril 39 jusqu’à la fin de la guerre)

Suite à l’agression de leur pays par l’Allemagne, des soldats tchèques sont partis en Russie, d’autres en France (puis au R.U.).

1-2-1 Légion tchèque en Russie. Elle est composée de tchèques résidant en Russie avant la guerre, de tchèques ayant fuit leur pays en octobre 38 puis en mars 39 pour rejoindre la Russie et d’anciens prisonniers de guerre (tchèques originaires des Sudètes et de Bohême-Moravie intégrés de force  dans l’armée allemande) libérés par les russes. Plusieurs dizaines de milliers d’hommes combattront dans des formations à part, mais sous commandement russe. Ils étaient intégrés dans 6 secteurs postaux soviétiques (38032, 63011, 93442, 39242, 01384 et 34432), et utilisaient pour correspondre soit les entiers de la poste militaire russe, soit des « lettres mouchoir » (lettres pliées en triangle). Curieusement, l’organisation de la poste de campagne des unités tchèques était calquée  sur celle de la poste de campagne tchécoslovaque de 1938. Il est à noter que certains militaires tchécoslovaques, prisonniers des russes, furent libérés après l’attaque de la Russie par l’Allemagne en juin 41. Certains rejoindront les alliés au Proche Orient.

A l’est, les forces tchèques combattant aux côtés des soviétiques livrent leur première bataille à Sokolovo le 8 mars 43.

1-2-2 Poste de campagne tchèque en France. Dès mars 39, des tchèques se rendent à Cracovie, puis vers le port polonais de Gydnia (près de Dantzig), d’où des navires anglais et français transportent 1 200 soldats vers l’Afrique du Nord, où ils rejoignent la légion étrangère. D’autres volontaires (tchécoslovaques résident en France, aux USA…) furent regroupés dans plusieurs camps, le principal étant situé à Agde (le camp d’Agde était principalement utilisé pour héberger des espagnols : les tchécoslovaques arriveront en masse après l’inauguration officielle le 20 septembre 39 d’un camp d’entrainement destiné aux soldats tchécoslovaques). Entre mars et septembre 39, la France n’étant pas en guerre, un cachet CAMP D’AGDE/date/HERAULT est utilisé (pas de franchise militaire). Le 2 octobre 1939, une armée nationale tchécoslovaque est constituée en France (elle atteindra environ 10 000 hommes en juin 40). Des timbres français surchargés C.R.S./Blason/ZAHRANICNI sont utilisés entre avril et août 40 (très rares). Un cachet oblitérant POSTE AUX ARMEES / DATE/N°2197 fait son apparition lorsque les unités organisées en une Division mixte polono-tchèque partent dans la zone des armées, à partir de février 40. En outre, un deuxième cachet avec le soleil d’Austerlitz, que l’on rencontre plutôt sur des plis philatéliques, est utilisé (en avril 40, le numéro de poste aux armées du cachet  -2197- est caviardé). Enfin, un cachet rectangulaire a été apposé le 1er juin 40 (j’ai aussi vu en vente sur eBay un cachet circulaire 4 Kvet 1940 –soit 4 mai- en l’honneur de Stefanic). Ces correspondances peuvent être censurées (la censure servant entre autre à vérifier que les appelés tchèques de la légion tchécoslovaque, qui résidaient en France avant 1939, n’essaient pas de demander la nationalité française !). Le 22 juin débute l’embarquement pour le Royaume Uni  ou de l’ANF de 6000 soldats et 500 civils. Restent encore, en septembre 40, sur notre territoire environ 6 000 soldats tchécoslovaques. En octobre 40, une MISSION TCHECOSLOVAQUE DU RAPATRIEMENT EN FRANCE appose un cachet rectangulaire (avec un n° de SP 52 ou 521). Son rôle est de faciliter le retour en ex-Tchécoslovaquie. Certains retournent bien en Slovaquie (rarement en Bohême-Moravie), mas la majorité, démobilisés, intègrent des unités de travailleurs, ou quittent le territoire. En mars 41, départ des derniers tchèques quittent le camp d’Agde).

La légion tchécoslovaque participera au siège de Dunkerque, entre mi 44 et mai 45. Des timbres avec la même surcharge qu’en 1940 (mais avec 1944 en plus) sont catalogués dans le catalogue Meyer dans la rubrique ‘libération de Vire’

1-2-3 La légion tchèque en Grande Bretagne. Lors de la débâcle, un certain nombre de soldats tchécoslovaques quittèrent la France pour l’Angleterre, où ils constituèrent 2 bataillons (des tchèques immigrés rejoignirent ces bataillons). En aout 40, 3 500 hommes la constitue. Des services de poste militaire tchèque fonctionnent à partir de décembre 40. Plusieurs cachets ont été utilisés successivement : un cachet rectangulaire (28 mai 41 à fin juillet 42), puis un cachet circulaire en aout 42 avant d’utiliser le cachet définitif en septembre 43. Il est à noter que ces unités ne bénéficiaient de la franchise que pour les correspondances entre soldats. En GB, les unités tchèques bénéficiaient de leurs propres numéros de FPO (17 numéros, compris entre 11688 et 12738). Enfin à partir de juillet 40 (et jusqu’en mai 44), de très nombreux cachets commémoratifs ont été utilisés.  La censure anglaise est utilisée. Lors de la libération de la Tchécoslovaquie, des troupes tchèques venant de France rejoignirent celles venant de Russie. Elles continuèrent d’utiliser quelques mois les cachets de la poste militaire (anglaise).

1-3 Armée américaine (fin 44 et 1945)

Selon le site APO by numbers, les troupes américaines, qui libèrent l’ouest de la Tchécoslovaquie, utilisèrent les numéros suivant d’APO : (valeur en $)

0002 ($15),0005($10),0026 ($10), 0079 ($10), 0080 ($10), 0094 ($15),      0137 ($15), 0205 ($10), 0254 ($5), 0258 ($15), 0305 ($10), 0412 ($20), 0445($15)

 2 Poste civile après la libération

Progressivement, les cachets tchécoslovaques sont à nouveau utilisés, en remplacement des cachets de Bohême-Moravie , des Sudètes (allemands), de Slovaquie . Des cachets temporaires ont pu être utilisés.

3 Camps de prisonniers (après la libération)

De très nombreuses personnes ont été mises dans des camps (parfois, comme à Terezin, en réutilisant des camps nazis) : collaborateurs, civils allemand, soldats allemands, prisonniers politiques divers.

Les soldats allemands préférèrent se rendre aux américains, mais la plupart (135 000) furent remis aux soviétiques. Sur le territoire tchécoslovaque, environ 25 000 POW (+ un nombre non connu de des politiques) restèrent travailler (fermes, mines). La correspondance de ces prisonniers existe, et elle était bien sûr censurée.

Les américains avaient  des camps à Cheb, Pilsen, Stift Teplitz (villes situées dans l’ouest du pays)

 

4 Censure

4-1 Autorité tchécoslovaque avant le 15 mars 39 (de mi septembre à mi novembre 38)

Avec la monté des tensions, les autorités tchécoslovaques ont mis en place la censure du courrier tant civil que militaire dès 1938. Sur le courrier civil, texte CENSUROVANO, encadré ou non. Trois centres de censure : Prague (censurovano 38 x 5 mm), Brno (Censurovàno encadré) et Trencin (cenzurované 32 x 3 mm). Les courriers étant généralement déposés ouverts en poste, il n’y a rarement une bande de censure (s’il y en a une, il s’agit d’une bande neutre). Un contrôle des devises était aussi effectué tout au long des années 1938 et 1939, même après l’occupation allemande.

Dans chaque bureau de la poste de campagne (en 1938), il y avait un bureau de censure. Les censures militaires sont très variées dans la forme, mais le message est généralement «  Polni Posta Censuronavo/ Tridirna polnich post/ Podnis censora. La bande de censure est celle du contrôle des devises.

4-2  Autorité tchécoslovaque après la libération

La censure a duré beaucoup plus longtemps que dans d’autres pays. Des bureaux de censure étaient présents dans de nombreuses villes. Il existe plusieurs modèles de cachets, mais le plus fréquent est un cercle avec un lion.

 

5 Undercover

Le courrier en provenance de l’étranger destiné aux tchèques intégrés à la RAF devait être adressé à la boite postale PO Box 281, Londres EC1, d’où elle était remise aux forces tchécoslovaques. Cette adresse était celle que les aviateurs tchèques indiquaient comme adresse d’expéditeur sur les enveloppes

 

 

 

 

 

 

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